PREVENTION MORSURE

Publié le par cerbere

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LES PARENTS ET LE CHIEN

En France, on estime entre 250 000 et 500 000 le nombre de morsures infligées par les animaux domestiques, dont 70 000 seulement feraient l'objet de soins, d'opérations ou d'hospitalisations, ce qui fausse l'étude objective de ce phénomène. Les chiens dits "d'attaque" ou "de défense" bref "dangereux" ne représentent que 1 à 5% des auteurs de ces morsures. Certaines années, ils ne sont même pas référençés.

Dans les pays anglosaxons, des instituts spécialisés recueillent les statistiques et produisent des rapports objectifs destinés à sauver des enfants par la compréhension des risques familiers inhérents à la cohabitation chien-enfant. En France, les médias préparent les victimes de demain pour satisfaire la VOX POPULI...Comme le dit justement le Professeur Fieni, de l'Ecole Nationale Vétérinaire de Nantes: " La responsabilité des parents se cache derrière des boucs-émissaires façonnés par les journaux".



(PARTIE 1: CONSEILS. PARTIE 2: STATISTIQUES, attention certaines images peuvent choquer)


Expliquez à l’enfant qu’un animal n’est ni gentil ni méchant : il est avant tout un animal, avec des réactions instinctives de fuite, d’agression en cas de danger…

d1943i44439h162252-V96.jpgNe laissez pas l'enfant partir seul promener le chien avant l'adolescence: il risque un grand nombre d'accidents et il s'agit de votre responsabilité de parents et du respect minimum dû au chien, un enfant pouvant se rendre malgré lui ou volontairement  responsable de mauvais traitements sur son animal.d1943i44441h163044-copie-1.jpg



GARDEZ A L’ESPRIT QUE LE CHIEN CONSIDERE LES ENFANTS NON PUBERES COMME DES CHIOTS. CE SONT DONC DES PARTENAIRES DE JEUX TANT QU’ILS NE REPRESENTENT PAS UNE MENACE HIERARCHIQUE. Le jeu en lui-même est une façon pour le chien de rappeler les prérogatives de chacun et sa place dans la meute-famille.

 

1.ASSURER LA COHESION DU GROUPE

 

· Il faut absolument respecter les rythmes de vie qui ont été mis en place avec et autour du chien (promenades, heures de repas, rituel familial).

· La maison dans son ensemble ne doit pas être accessible au chien : on devrait interdire les lieux symboliques (cuisine) et privés (chambre d’enfant, salle de bain) non en fermant la porte mais en les interdisant au chien quand il essaye d’y rentrer.

· Si le chien mange avant vous et assiste à votre repas, l’idéal est de décaler son repas après vous et de retirer la gamelle (aussi par sécurité pour l’enfant qui voudrait jouer avec).

· Ne laissez pas le chien décider des activités communes. C’est vous qui solliciterez les moments de jeux, aux heures qui vous arrangent afin de pouvoir vous occuper des enfants sans négliger l’attention délivrée au chien : cette routine devra être conservée par la suite.

· Aidez le chien à se situer dans votre groupe en le rendant autant utile que dépendant de vos décisions. Mettez en place des rituels positifs auxquels participe toute la famille : brossage, promenade à pied ou à vélo, partie de foot, etc…

 

 

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2.PLACER L’ENFANT DANS UNE POSITION SUPERIEURE AU CHIEN

 

  • Evitez le piège de l’anthropomorphisme (projeter des sentiments humains sur le chien) : le chien ne connaît pas le sentiment de « jalousie » ou de « protection du plus faible ». Tout comportement du chien dans ce sens reflète une difficulté à se placer dans la hiérarchie du groupe et doit nous inquiéter : le chien qui aboie sur nous quand on joue avec l’enfant ou qui se place devant le lit ou le berceau vise à contrôler les rapports de la famille, à s’approprier un rôle qui n’est pas le sien.

  • Si le chien paraît nerveux à l’approche de l’enfant, évitez de chercher à le rassurer : il confirmerait cette situation comme anormale. Laissez-le se retirer si il le désire et empêchez l’enfant de le retenir.

  • Appelez régulièrement le chien pour une caresse quand vous portez votre enfant dans les bras : sa position hiérarchique au même niveau que la votre sera renforcée. Cette coalition doit aussi être utilisée pour donner des ordres ou chasser le chien à sa place. Ne placez jamais le chien en hauteur vis-à-vis de l'enfant, par exemple sur le canapé alors que le chien joue au-dessous, ou encore dans vos bras lorsque vous êtes debout ou assis à côté de l'enfant.

  • Organisez les repas du chien de manière à ce qu’ils se déroulent toujours APRES ceux de l’enfant ou du bébé.

  • Partez toujours du principe que LE CHIEN A TORT, même si c'est l'enfant qui l'agresse. Si vous devez disputer l’enfant si il a fait une bêtise, faites sortir le chien : celui-ci évitera de jouer un rôle éducateur (par morsure) par imitation en votre absence. De même, ne consolez jamais le chien si l’enfant lui a fait du mal : envoyez-le au contraire fermement à sa place car il n’y a pas de notion de « justice » chez le chien et vous devez absolument le dissuader de penser qu’il est en droit de se défendre puisqu’il aurait une position importante dans la meute.

  • Associez votre enfant à toutes les activités que votre chien apprécie : l’idéal est de les pratiquer uniquement en présence de l’enfant afin de l’associer à la notion de plaisir.

  • Appliquez les conseils hiérarchiques valables pour tous: lors des jeux avec l'enfant, évitez les activités de tirage et mordillements qui sont source d'accident et encouragent le chien à obtenir quelque chose de ce comportement. Préférez les jeux de poursuite ou de lancers.

     De même, LE CHIEN NE DOIT JAMAIS GAGNER: l'enfant doit toujours récupérer le jeu et mettre fin à l'action quand il le décide. De même, évitez les jeux qui couinent quand on les presse car ils encouragent le chien à maintenir sa morsure malgré une plainte sonore: on annule alors l'inhibition de la morsure lorsqu'il entend un cri que lui a apprise sa mère.

  • Si des contacts sont autorisés entre l'enfant et le chien, soyez vigilant à ce que l'enfant n'envoie pas de MESSAGES A RISQUE: caresser le chien sur la tête ou serrer son cou entre ses bras (attitude de domination), embrasser sur le museau (menace), fixer longuement dans les yeux (provocation). titi-chipie-enfants.jpgApprenez-lui à caresser plutôt sur la poitrine, à donner main ouverte, à tourner le dos et croiser les bras sans laisser traîner ses mains quand le chien est exhubérant.


 

N.B : AVANT 5 A 6 ANS, L’ENFANT EST INCAPABLE DE CONCEVOIR LE CHIEN COMME19.jpg AUTRECHOSE QU’UN JOUET OU PARTENAIRE DE JEUX , NI DE RECONNAITRE LA MENACE EXPRIMEE PAR LE CHIEN (GROGNEMENT, EXHIBITION DES CANINES INTERPRETE COMME « SOURIRE »). NOUS RECOMMANDONS PAR CONSEQUENT D’EVITER AU MAXIMUM LES CONTACTS AVANT 3 ANS (PERIODE D’EXPLORATION TACTILE « JE TIRE, JE FRAPPE ») ET D’ENCADRER STRICTEMENT LES RENCONTRES PLUS TARD.


3. REALITE DES MORSURES

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 "Les bénéfices pour le développement de l'enfant liés à la présence d'un chien, ou plus généralement d'un animal de compagnie ne sont plus à prouver.(1)

Il est par contre important de rappeler que cette relation peut néanmoins présenter des aspects beaucoup moins bénéfiques pour l'enfant. Une publication récente du SCHIRPT (2) permet de mieux appréhender les causes de ce drame que constitue à chaque fois la morsure d'un enfant.


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En effet l'étude ne se limite pas à une collecte de cas et à la gravité des morsures, y sont inclus des renseignements tels que :

attack15.jpg- Qui s'est fait mordre ?
- Qui a mordu ?
- A quel moment ? georgiaricesm.jpg
- A quel endroit ?
- Dans quelles circonstances ?

Voici quelques résultats de cette étude :

.64,7 % des victimes de morsure ont moins de 10 ans.attack6.jpg

.29,1 % ont moins de 4 ans.

.22,3 % ont entre 10 et 14 ans.

.Dans 71,2 % des cas le chien agresseur est connu de l'enfant et vit dans son environnement proche.

.Les chiens le plus souvent impliqués, dans l'ordre de la fréquence décroissante : le Berger Allemand, le Cocker, l'Épagneul, le Rottweiller, le Golden Retriever, le Colley.

.Les morsures sont le fait de toutes les races, de la plus petite à la plus grande, de celle réputée "la plus gentille" à celle réputée "très agressive".

xavierthornesmall.jpg.38,5 % des morsures ont eu lieu au cours d'interactions habituelles avec l'enfant (caresses, jeux ..)

.32,7 % des morsures au cours d'interactions inhabituelles (taquineries ou pendant le repas du chien...)

 

Les conclusions de cette étude rejoignent celle d'une étude Française (3), à savoir que la plupart de ces accidents sont prévisibles et peuvent être évités si les parents adoptent un comportement adéquat et cohérent. La majorité des parents dont les enfants ont été mordus par le chien "proche" pensaient pouvoir faire totalement confiance à l'animal, celui-ci étant bien connu et sans passé d'agression.


Cette prévention passe impérativement par le respect de certaines règles dont les plus importantes sont :

.Une bonne hiérarchisation du chien. Celui-ci doit être amené à considérer tous les membres de la famille comme ses supérieurs hiérarchiques.

.La présence des parents quand l'enfant est en bas âge ou turbulent. Il y a malheureusement suffisamment de faits d'actualité dus à la dérogation à cette règle.

.L'interdiction aux enfants de le taquiner sans cesse, de le toucher quand il mange, s'isole ou dort. Un animal de compagnie n'est pas un jouet et n'est pas corvéable à merci !

Enfin, il faut savoir qu'en cas de morsure (sans gravité majeure) ou de menace, la solution du problème ne passe pas forcément par l'abandon ou l'euthanasie. Il existe des thérapies comportementales efficaces dans la mesure où l'agressivité n'est pas d'origine pathologique, ce qui ne représente qu'un infime pourcentage, et que le bilan vétérinaire permettra de confirmer ou d'infirmer."

 

(1)H. Montagner et Coll. "Données récentes sur les interactions entre l'enfant et son animal familier" Bulletin académique national de médecine, 172 (7), p. 951-955, 1988.

(2) Étude sur les morsure de chien, Bulletin du SCHIRPT n°11, juillet 1997. Système Canadien Hospitalier d'Information et de Recherche en Prévention des Traumatismes.

(3) J-C Filiatre et Coll. "Agressions d'enfants par les chiens : étude des facteurs de risque." Annales de Pédiatrie 1990, Laboratoire de Psychophysiologie et centre antirabique. Besançon.

Seconde étude rétrospective menée au service des urgences pédiatriques de l'hôpital Saverne (67) de Mars 2002 à Février 2005:

  • Les enfants âgés de 1 à 6 ans constituent le groupe à risque à 55%

  • 20% des accidents surviennent chez les garçons de 5 à 6 ans

  • 64% des morsures ont pour localisation la face

  • Les enfants âgés de 1 à 6 ans se font mordre au visage dans 80% des cas

  • La lésion est généralement bénigne, la plaie punctiforme sans perte de substance (75%), de gravité moyenne.

  • Dans 85% des cas le chien est connu de l'enfant.

  • Dans 60% des cas le chien appartient à la famille, aux voisins ou aux amis.

  • Dans78% des cas le chien est de sexe mâle, âgé de moins de 4 ans (60%) et de grand poids (61%). Les américains insistent sur le fait qu'une grande majorité des mâles mordeurs n'avaient pas été stérilisés.

  • Pas de résultats significatifs quand à la race du chien.

  • Dans 59% des cas les morsures surviennent lors d'interactions inhabituelles entre enfants et chiens, dans des circonstances pouvant être évités.




MONTAGE: Michael. Les images présentées sont libres de droits et les enfants blessés sont américains, certaines proviennent de sites spécialisés créés par les mères d'enfants blessés ou tués par morsures, entre autres par des chiens à l'attache (cf. LE CHIEN A "L'ATTACHE" ).

Publié dans ENFANTS ET CHIENS

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